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DOSSIER : - Le droit à la mobilité comme droit à l’autodétermination

Le droit à la mobilité comme droit à l’autodétermination

SOMMAIRE DU BULLETIN

Webzine Vol. 23 no 82
ÉTÉ 2016

Anticiper, articuler et agencer des solutions aux crises migratoires en Afrique

Par : Par Amzat Boukari-Yabara

Les crises migratoires constituent un défi majeur et permanent pour les États africains. Confrontés à des déplacements de populations résultant de conflits politiques, de crises sociales, économiques ou environnementales, les pays africains ont élaboré des cadres et des outils juridiques pour repenser leur situation au regard d’un droit international qui concevait la problématique des réfugiés et de l’asile dans un cadre colonial et eurocentré. Cependant, alors que les origines des crises migratoires sont assez bien documentées, les États africains doivent encore travailler leur capacité à anticiper, articuler et agencer des solutions communes et solidaires.

Depuis le renversement du régime libyen de Mouammar Kadhafi par une intervention militaire occidentale sous la conduite de l’OTAN en octobre 2011, l’arrivée quotidienne d’embarcations chargées de migrants africains suscite l’attention des médias européens sur le drame humanitaire qui se joue en mer Méditerranée. Le récit construit autour des dizaines de milliers d’Africains qui tentent ainsi de gagner un « eldorado » européen est paradoxal. D’un côté, avec des images souvent impressionnantes, il reprend l’argumentaire du discours humanitaire en soulignant les efforts européens pour éviter les naufrages et venir en aide aux rescapés. De l’autre côté, l’analyse reste silencieuse sur tout un dispositif militaire (Frontex) faisant des frontières européennes une forteresse à défendre contre des envahisseurs venus d’Afrique.
En critique à ce discours schématique qui reprend inconsciemment le mythe du « fardeau de l’homme blanc[1] », quelques déclarations comme celle de l’écrivaine franco-sénégalaise Fatou Diome ont été largement reprises sur les réseaux sociaux. Toutefois, comment interpréter le long silence des dirigeants et des intellectuels africains? Un bref rappel historique montrera que la problématique de l’asile et des réfugiés en Afrique s’inscrit dans un cadre international inadapté, avant de souligner que de nouveaux mécanismes sont à envisager pour une réponse africaine à la crise actuelle.

L’Afrique et l’asymétrie du droit d’asile
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’enjeu des migrants et des réfugiés s’est posée. Certes, en 1948, la Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que « toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. Toute personne a le droit de quitter tout pays ». Cependant, trois ans plus tard, la convention de Genève définit le statut juridique du réfugié sur la base de craintes de persécutions liées à l’origine ethnique, la religion, la nationalité ou le groupe d’appartenance social.

À une période où le continent était encore colonisé, l’Égypte fut le seul État africain signataire de cette convention internationale. Les critères de la Convention de Genève estiment que les crises d’ordre économique, social et environnemental ne relèvent pas du champ de l’asile politique et ne pourront fonder l’éligibilité au statut de réfugié. Tout en reconnaissant le droit de chacun de quitter son pays dès lors qu’il ne saurait se prévaloir de la protection des autorités, la convention de Genève subordonne le droit d’être reçu (droit des réfugiés) au droit de recevoir (droit d’asile) en donnant le dernier mot aux États souverains. Ainsi, le durcissement des politiques des États souverains visant les étrangers tend à assimiler les demandeurs d’asile, supposés être protégés dans le cadre du droit international auquel souscrit chaque État, à des criminels au regard des législations nationales concernant l’entrée des étrangers sur leur territoire. Ce paradoxe autour de la subsidiarité de l’asile construit ainsi un rapport asymétrique entre les pays du Sud, principalement des pays colonisés qui deviendront émetteurs à leur indépendance, et les pays du Nord qui, après avoir été pendant des siècles des pays émetteurs dans le cadre de la colonisation, deviennent des pays récepteurs.

Lorsque les pays africains accèdent à l’indépendance au cours des années 1960, à l’exception de quelques pays qui lient leur politique d’asile à leur politique étrangère anti-impérialiste (Égypte de Gamal Abdel Nasser, Ghana de Kwame Nkrumah, Tanzanie de Julius Nyerere…), les dirigeants africains réunis au sein de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) valident ce rapport asymétrique sur les migrations. Avec l’adoption en 1964 du principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, de la non-ingérence dans les affaires internes, ainsi que du modèle de l’État-nation en lieu et place d’un État plurinational fédéral ou panafricain, des tendances sécessionnistes apparaissent un peu partout où des peuples se trouvent divisés et répartis sur deux ou trois territoires différents.

Pour remédier aux crises (Biafra, Corne de l’Afrique, Sahara occidental…), l’OUA adopte en 1969 sa propre convention sur les réfugiés qui reconnaît notamment le poids des conflits internes et ethniques, et recommande la reconnaissance prima facie du statut de réfugiés pour faire face aux afflux massifs de populations. Les guerres de libération, les crises agricoles et environnementales, les dictatures et les crises économiques conduisent, dans les décennies suivantes, des millions d’Africains en exil, à l’extérieur de leur pays ou du continent, sans qu’une solution politique globale soit trouvée. Nonobstant une certaine indifférence des dirigeants africains au sort des réfugiés, quelques textes et protocoles élaborés au niveau de l’Union africaine (UA) tentent de doter les États d’instruments d’action.

C’est le cas, par exemple, de la convention de Kampala qui engage les États africains à porter assistance aux personnes déplacées – qui constituent la majorité des personnes réfugiées sur le sol africain – et à tenir compte de la responsabilité des acteurs non étatiques (groupes armés, multinationales…) engagés dans des conflits ou des opérations d’exploitation des ressources économiques et naturelles entraînant des déplacements de populations. Enregistrée en octobre 2009, cette convention n’a pu être appliquée, notamment en Libye et au Mali, en raison de la dépendance économique, politique et sécuritaire de l’UA à l’égard des puissances et institutions internationales.

Les États africains ont-ils capitulé?
Lors du premier Sommet mondial sur l’action humanitaire, tenu à Istanbul les 23 et 24 mai 2016, l’UA a présenté un document de position commune (Common African Position on Humanitarian Effectiveness) qui reconnaît l’urgence de la crise migratoire. Néanmoins, le traitement des réfugiés et personnes déplacées a souvent été instrumentalisé par les États selon deux approches. La première fut d’assimiler les réfugiés à des éléments subversifs ou des étrangers faisant office de bouc émissaires. La seconde consiste pour l’État à se défausser de ses responsabilités sur le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et les organismes humanitaires. Cette dernière approche favorise des mécanismes judiciaires où la « communauté internationale » peut prétexter le défaut de protection des réfugiés par un État pour ouvrir une enquête à son encontre.

Le cadre juridique et politique des États africains ne semble pas adapté à la nature transnationale des enjeux migratoires. Dépourvue de moyens, l’Union africaine n’est pas en mesure d’imposer cette question sur son agenda, alors que le sort des migrants s’inscrit indirectement dans le projet de libre circulation des ressortissants africains d’un pays à l’autre, dans le cadre d’une Afrique intégrée et démocratisant l’institution frontalière ou œuvrant à son abolition.

L’engagement des organisations régionales sur ce sujet n’est pas davantage concluant. Les différentes communautés économiques régionales d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), australe (SADC), centrale (CEMAC) ou orientale (EAC) ne disposent pas de politiques communes pour faire face aux migrations interrégionales, ou pour planifier les politiques sectorielles (sécurité, agriculture, emploi…) dont l’échec favorise les migrations. Néanmoins, ces organisations ont tout intérêt à engager une véritable politique commune sur le plan agricole, industriel et scientifique – en particulier universitaire – afin de donner à leur jeunesse des perspectives d’avenir, de meilleures conditions de réalisation professionnelle et un ancrage social, citoyen et panafricain. Alors qu’une grande partie des déplacés et réfugiés venant dans les villes sont des personnes indirectement dépossédées ou expulsées de leur terre par la force, la création de structures politiques, économiques et sociales décentralisées pourrait faire absorber des déplacements de populations, fixer des travailleurs et aider justement à repenser les droits de propriété de la terre, tout en soulageant les centres urbains.

Si le sort des réfugiés demeure l’un des prétextes des « guerres humanitaires » qui sont menées par les grandes puissances au nom de la responsabilité de protéger[2] les populations civiles, les États africains ont en revanche une responsabilité dans l’exil d’une jeunesse qui n’est pas directement concernée par des enjeux sécuritaires, mais qui inscrit son destin, voire sa survie, dans la recherche de meilleures conditions matérielles d’existence. Cette émigration a également connu plusieurs phases correspondant à des niveaux sociaux différents. Aux intellectuels, étudiants et travailleurs qui ont tenté de vendre leurs compétences sur le marché international au lendemain des indépendances, fuyant notamment des régimes autoritaires, s’ajoute une proportion de plus en plus importante de femmes et de jeunes avec ou sans diplôme, qui, poussés par un chômage généralisé, tentent de gagner l’Europe coûte que coûte.

Cette émigration des jeunes comporte une partie d’effets positifs mais non systématiques. En effet, le retour des expatriés qui ont réussi, et surtout l’envoi par la diaspora de sommes d’argent, constituent dans certains pays la première source de devises. La diaspora, qui ne dispose d’aucune existence juridique précise, se trouve ainsi dotée d’un poids économique rivalisant parfois avec celui de l’État d’origine. Si cette situation pousse de plus en plus de pays d’Afrique subsaharienne à ouvrir un ministère ou un département consacré aux ressortissants de la diaspora afin de capitaliser sur cette manne, il serait plus judicieux de prendre des mesures économiques et sociales simples qui limiteraient le nombre de candidats à l’exil, et de sécuriser davantage les investissements venus de la diaspora à l’aide de mesures fiscales incitatives ou de fonds dédiés à des projets de développement précis.

Replacer l’autorité politique et la solidarité économique
La politique restrictive de visas pour accéder à l’espace Schengen (espace européen de libre circulation des biens et des personnes) est l’une des raisons qui conduisent une partie des migrants à gagner l’Europe par des chemins clandestins au péril de leur vie. Certes, les États africains sont de plus en plus nombreux à engager la réciprocité des visas à l’égard des ressortissants européens, mais cette mesure reste inadaptée au profil asymétrique des migrants africains et européens.

Sur la soixantaine de millions de personnes réfugiées ou déplacées comptabilisées par le HCR dans son rapport de juin 2015, l’Afrique en compte environ dix-sept millions. Les données du HCR font de l’Éthiopie, du Tchad, du Kenya, de l’Ouganda, du Cameroun, du Soudan du Sud et de l’Égypte les pays qui ont accueilli le plus de réfugiés en 2014. Cette liste de pays d’accueil s’explique par la provenance de réfugiés du Congo-Kinshasa, de Somalie, de la République centrafricaine, du Nigéria, du Mali, de Libye, d’Érythrée et du Soudan, des pays qui sont engagés dans des conflits souvent transfrontaliers.

Pour tous ces pays, la présence de camps de réfugiés a un coût sur le plan des infrastructures, des services sociaux ou de la sécurité alimentaire. Cependant, une politique d’intégration des réfugiés peut avoir un impact économique positif en apportant justement des services sociaux et des infrastructures dans des zones qui en étaient dépourvues. Des projets sociaux peuvent profiter à une population plus large, et une économie locale peut être générée à partir des activités menées par les réfugiés, en particulier si ceux qui disposent de compétences techniques sont rapidement intégrés et utilisés.

C’est bien souvent derrière les fruits des richesses venues du sol ou du sous-sol de l’Afrique que la jeunesse africaine court. Si l’Afrique australe et quelques pôles de croissance isolée (Côte d’Ivoire, Guinée équatoriale, Kenya…) attirent des migrations économiques, c’est le marché de l’emploi à l’échelle continentale, tout en tenant compte de la partie informelle mais bien réelle de l’économie, qui doit être révisé.

La pression migratoire rend cruciale la redistribution des ressources, car si le pourcentage de la population africaine en situation de pauvreté ou d’extrême pauvreté semble diminuer, et qu’une classe moyenne émerge timidement, le nombre de personnes pauvres augmente en raison de la forte croissance démographique. Surtout, la richesse issue de la croissance n’appartient pas aux Africains, et le défi pour réduire l’émigration est de garantir l’accessibilité des populations aux immenses ressources de leur sol et sous-sol, ainsi que la transformation de leurs conditions de vie.

Des itinéraires sous contrôle
Si la grande majorité des migrations africaines se déroulent à l’intérieur du continent, celles vers l’extérieur visent principalement l’Europe, un continent de proximité dont le lien historique avec l’Afrique s’est évidemment tissé à partir de l’impact du passé colonial. L’émigration de l’Afrique subsaharienne vers l’Europe se fait généralement de manière indirecte, avec des étapes au niveau du Sahel ou du Maghreb, avant un goulet d’étranglement qui mène vers les points d’entrée du territoire européen.

L’occupation coloniale fait que certains de ces points, comme les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla en territoire marocain, ou le département français de Mayotte dans l’archipel des Comores, situé entre le Mozambique et Madagascar, sont directement établis dans l’espace géographique et politique africain. Une évolution du statut juridique et politique de ces points d’entrée pourrait déboucher sur une baisse de la pression migratoire qui les caractérise, mais il est peu probable de voir la France et l’Espagne quitter leurs dernières possessions coloniales d’Afrique.

Une décision politique plus significative serait d’instaurer l’exemption de visa entre les ressortissants africains circulant à l’intérieur du continent. Cette mesure reste un grand défi politique. En effet, plusieurs raisons économiques et géostratégiques ont conduit l’Europe à déléguer aux pays nord-africains la gestion de ses frontières extérieures. Dans ce schéma, le Sahara est une première frontière naturelle, les pays d’Afrique du Nord sont une seconde barrière souvent raciale, la Méditerranée est une troisième épreuve, et les côtes du sud de l’Europe constituent le dernier verrou. À chaque étape, des dispositifs militaires et une technologie de pointe sont déployés pour appréhender les migrants. En plus d’alimenter des comportements racistes et négrophobes, cette politique de sous-traitance de l’immigration européenne par les pays nord-africains est probablement à bout de souffle.

Ainsi, pendant plusieurs années, la Libye de Kadhafi a mené une politique d’ouverture active vers les pays subsahariens, finançant des projets d’infrastructures créateurs d’emplois et générateurs de revenus dans les pays d’origine des migrants, et drainant sur son sol une main-d’œuvre venue de toute l’Afrique subsaharienne. Moins connue mais expliquant une grande partie de la crise actuelle, la contrepartie pour la Libye était, dans le cadre d’un accord lié au versement par l’Italie de cinq milliards de dollars sur vingt-cinq ans au titre des réparations pour la colonisation, le contrôle des flux migratoires venant d’Afrique subsaharienne vers l’Europe. La guerre de Libye a ainsi provoqué l’effondrement de tout un système de régulation de l’émigration intra-africaine.

En dépit du fiasco libyen, l’Europe, en particulier la France, refuse de voir la crise migratoire comme une conséquence de sa politique étrangère désastreuse. Celle-ci demeure néocolonialiste, à travers le soutien à des régimes qui poussent les opposants et les forces vives à s’exiler, et prédatrice en raison du parapluie qu’elle offre aux multinationales et aux ONG humanitaires. C’est sur ces dernières que les politiques dites de « co-développement » menées par la France, l’Espagne et l’Italie ont tenté en vain d’intervenir dans les pays d’émigration.

En Europe même, la situation des migrants offre trois solutions : le retour volontaire ou forcé dans le pays d’origine, l’intégration dans le pays d’accueil dans le cadre notamment d’une régularisation administrative, ou le départ vers une autre destination. Pour les pays africains impactés par des conflits transfrontaliers et par les afflux réguliers de populations déplacées, l’urgence est permanente. De la même manière que l’Europe peine à imposer à chaque État d’accueillir sa part, les États africains n’arrivent pas encore à monter un front commun sur la question des réfugiés.

Une initiative politique forte serait de coordonner les autorités diplomatiques et consulaires africaines basées en Europe pour qu’elles portent directement assistance aux rescapés de Lampedusa et des autres îles du sud de l’Europe. Toutefois, les migrants qui fuient leur pays d’origine verraient d’un œil peu rassuré la présence des autorités dudit pays au point d’arrivée. D’autant plus que la coopération avec les pays d’origine fait partie des solutions que l’Europe envisage dans une optique encore et toujours sécuritaire de la gestion des flux migratoires.
Si la criminalisation des migrants africains pose un problème éthique, il convient, enfin, de s’attaquer au conditionnement médiatique autour de l’eldorado européen. La présentation médiatique de la crise migratoire donne l’impression que si un bateau quittait l’Europe dans le but de capturer des Africains comme au temps de l’esclavage, la cargaison humaine se précipiterait pour être conduite en Europe. Il faut alors souligner que la très grande majorité des Africains n’envisage pas l’exil, et que les retours sont de plus en plus fréquents.

Est-il possible de réorienter une jeunesse déterminée?
Quelle utopie l’Afrique peut-elle encore proposer pour retenir cette jeunesse déterminée qui la quitte chaque jour? Des œuvres de science-fiction abordent le scénario d’une Europe contrainte, pour diverses raisons, notamment climatiques, de faire migrer un jour sa population vers l’Afrique. L’idée n’est pas impossible, à l’heure où de nombreux jeunes Européens, parfois sans aucune origine africaine, tentent également leur chance.

Politiquement, une idéologie comme le panafricanisme, né dans la diaspora parmi les Africains déportés en esclavage, peut sans doute donner des repères aux candidats à l’exil disposant d’un certain bagage culturel. Le panafricanisme peut surtout aider à réorienter la détermination de la jeunesse en maintenant l’horizon d’une Afrique plus unie, prospère et protectrice, solidaire avec sa diaspora. Toutefois, un tel horizon passe par un long combat politique à peine entamé.

Pour le reste, des campagnes médiatiques présentant les véritables conditions de vie d’un Africain en Europe mériteraient d’être menées dans les pays d’émigration, par principe d’information. Néanmoins, à l’heure de la mondialisation, il est impossible de retenir une jeunesse qui a soif de voir le monde. C’est en cela que la circulation, plus ou moins facile selon la couleur du passeport, doit être entendue comme un droit universel et non un privilège.

L’auteur est historien. Il a notamment publié Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme, Paris, La Découverte, 2014).

 


[1] Cette expression tirée d’un poème publié en 1889 par Rudyard Kipling présente la colonisation comme une mission civilisatrice et un devoir à la charge des Européens envers les autres peuples considérés comme moins évolués.