Le refus de l’industrialisation des jeux de hasard

Lire la version PDF

Au printemps dernier, alors que le suicide d'un joueur dans le stationnement du Casino de Montréal soulevait la controverse, à l'Assemblée nationale, sur les responsabilités de l'État dans cette affaire, le premier ministre Landry s'engageait, au nom du gouvernement, à tenir un vaste débat sur la question. Plus précise, Mme Maltais, ministre déléguée à la Santé, annonçait dans cette foulée qu'elle organiserait un forum sur l'impact social des vidéo pokers et des casinos à l'automne 2001. Du coup elle optait pour une consultation d'experts plutôt que pour un référendum populaire. Nul n'ignore que cette activité rapporte gros à l'État. Québec dispose de 10 000 détaillants vendeurs de billets de loterie, et de 4000 établissements qui rendent disponibles 15 000 appareils de jeux vidéos. Il contrôle en plus 170 salles de bingos par satellite et trois casinos. Pour la seule année de 2000, le Trésor public a récolté 1,3 milliards de dollars en profits nets. De là à voir, dans l'attitude laxiste du gouvernement, une politique de l'autruche délibérément adoptée pour des motifs budgétaires, il n'y a qu'un pas.

Les impacts négatifs reliés aux jeux de hasard sont pourtant indéniables. Suicides, délinquance, faillites personnelles, toxicomanie, dislocations familiales, etc. constituent un coût social dont l'ampleur dépasse le simple chiffre de joueurs pathologiques. Comment l'État peut-il permettre la diffusion des « valeurs postmodernes » de jouissance immédiate et de liberté sans contrainte, largement renforcées par la publicité, quand il sait que dans une situation où les voies traditionnelles du travail semblent bouchées, le jeu pourrait être perçu, par les couches défavorisées, comme une stratégie alternative d'ascension sociale? La table ronde sera l'occasion de faire le point sur ces questions à la veille du Forum annoncé par le ministère de la Santé et des services sociaux. La perspective proposée se veut globale en considérant la problématique dans son contexte historique, social et politique.

PANELISTES :

  • Amnon J. Suissa, professeur au Département de travail social, Université du Québec à Hull;
  • Claude Bilodeau, directeur de la Maison Claude-Bilodeau;
  • Jean-Claude Leclerc, rédacteur de la chronique « Éthique et religions » au quotidien Le Devoir.

Lundi 15 octobre 2001, 19 h à 21 h 30
Maison Bellarmin
25, rue Jarry Ouest
Montréal, QC

Restez à l’affut de nos parutions !
abonnez-vous à notre infolettre

Le Centre justice et foi (CJF) est un centre d’analyse sociale qui pose un regard critique sur les structures sociales, politiques, économiques, culturelles et religieuses. Il publie la revue Relations et organise différentes activités publiques, notamment les Soirées Relations. Son secteur Vivre ensemble développe une expertise sur les enjeux d’immigration, de protection des réfugiés ainsi que sur le pluralisme culturel et religieux.

Share via
Send this to a friend