Relations Hiver 2020-2021
Vancouver : plus sûre pour les plus vulnérables
Voilà une nouvelle qui redonnera un peu de souffle aux personnes les plus vulnérabilisées de Vancouver : en août dernier, son conseil de ville a voté un amendement qui retire des mains de la police municipale les interventions d’urgence en lien avec les problèmes de santé mentale, le travail du sexe, l’itinérance et la consommation de drogues. Vancouver prend ainsi la décision judicieuse de prioriser une approche communautaire et non répressive pour traiter ces enjeux. Ce pari audacieux mise sur l’expérience et sur la formation du personnel des différents organismes communautaires, avec le souci de protéger la santé et l’intégrité physique des personnes engagées dans ce genre d’intervention. Jusqu’alors, les personnes vulnérables risquaient leur vie dans les rues de Vancouver si, durant un épisode de détresse, elles croisaient le chemin de policiers qui n’avaient pas la formation adéquate pour gérer une telle situation. À ce sujet, d’ailleurs, Montréal n’est pas en reste. On se rappellera, entre autres, d’Alain Magloire ou de Pierre Coriolan, tous deux abattus par des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ou encore de Sheffield Matthews, lui aussi tué par le SPVM, le 29 octobre dernier. Tous souffraient de troubles de santé mentale. À ces cas spectaculaires s’ajoute une myriade d’épisodes choquants moins dramatiques impliquant au quotidien des personnes troublées, désorientées ou en détresse psychologique, confrontées à des policiers mal formés. Espérons donc que l’initiative vancouvéroise, dans laquelle le mouvement « Définançons la police » (#DefundThePolice) – né dans la foulée du mouvement Black Lives Matter – a joué un rôle important, incite l’administration Plante à Montréal et les autres administrations municipales du Québec à repenser fondamentalement le rôle des forces policières dans notre société.


