Relations mai 2008

Le syndicalisme dans la tourmente

Monique Simard

Madeleine Parent : syndicaliste et féministe

L’auteure, productrice aux Productions Virage, a été vice-présidente de la CSN

Dans une période où notre compréhension du monde se trouble, où nos repères s’estompent, où les signes de déroute et d’angoisse se multiplient, on peut trouver un certain réconfort – et souvent réponse à nos questions, à nos inquiétudes et à nos incompréhensions – chez ceux et celles qui nous ont précédés. Ceux et celles dont on dit « qu’ils en ont vu d’autres! » Madeleine Parent est sans conteste de celles-là!

Née en 1918, cette jeune fille de la bourgeoisie montréalaise s’éveille très tôt aux signes et aux manifestations d’injustice sociale. Elle dit se rappeler, enfant, du sentiment d’inconfort qu’elle ressentait à l’égard du traitement réservé aux domestiques ou encore de sa révolte face aux règles injustes qu’on imposait aux jeunes de sa génération dans les couvents.

Dès son adolescence, elle sort du chemin traditionnel tracé pour les jeunes femmes de son milieu. Elle quitte le couvent pour aller fréquenter un collège anglophone et, quelques années plus tard, s’inscrit à l’Université McGill. C’est d’ailleurs là qu’elle fera la découverte d’un milieu et d’une cause qui rejoindront ses convictions : le syndicalisme. Son engagement dans ce mouvement deviendra celui de sa vie entière. 

Madeleine Parent a traversé le XXe siècle dans l’action, en vivant selon des principes auxquels elle a adhéré très tôt dans sa vie. Ayant vécu à l’époque de la Grande noirceur, où la liberté d’expression était sévèrement réprimée, elle a été témoin de l’injustice cruelle des élites à l’égard des plus humbles et, comme femme, elle a vécu à sa manière la discrimination. Jeune, elle a rapidement choisi son camp dans la société et elle lui est restée fidèle sa vie durant, faisant preuve d’une détermination et d’un courage hors du commun.

Madeleine Parent a été une syndicaliste combative, engagée, non opportuniste, stratège, têtue, lucide et courageuse. Le fait que Duplessis l’ait attaquée avec autant d’acharnement est en soi révélateur de la force qu’elle pouvait représenter à une époque où l’on « cassait » les fauteurs de trouble.

Bien avant que cela ne devienne des courants de société ou des causes populaires, elle s’est déclarée féministe et elle a été une des premières à prendre la défense des droits des Amérindiennes. Avant-gardiste : voilà qui décrit bien Madeleine Parent qui, tout en étant une femme d’action de son temps, a toujours vu plus loin, a toujours voulu aller plus loin – et cela, à ses risques et périls, en l’assumant pleinement.

Madeleine Parent n’a jamais perdu « son fil conducteur » : celui de la recherche active d’une plus grande justice sociale et économique. Pour cela et pour sa vie qui continue de nous inspirer, nous lui sommes profondément reconnaissants!

Le syndicalisme dans la tourmente

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