Relations Été 2023 / Espoir

Les épiceries solidaires : une réponse à la facture salée des aliments
Au Québec, ces dernières années, de plus en plus d’épiceries solidaires voient le jour dans différentes villes. On en trouve à Montréal (avec Le Détour au Bâtiment 7 et l’épicerie 3 paniers, par exemple) et à Québec (Le P’tit marché solidaire de Limoilou, l’épicerie communautaire de la Ruche Vanier), en passant par Chicoutimi (La Recette) et Jonquière (Halte-ternative), entre autres.
Dans le sillage des clubs coopératifs de consommateurs des années 1960 et 1970, ces épiceries sont gérées par et pour la communauté.
Elles offrent une variété de produits et d’aliments sains à un prix raisonnable aux populations de quartiers mal desservis, voire situés dans des déserts alimentaires. Hors de la logique d’assistance des banques alimentaires (qui peinent à répondre à la demande), ces commerces redonnent du pouvoir et une dignité à tous ceux et celles qui y participent, façonnant un projet social autant qu’économique qui, souvent, comporte aussi une dimension écologique (achat local, etc.).
Une part grandissante de la population a vraiment besoin de telles épiceries, car l’insécurité alimentaire s’est aggravée depuis la pandémie de COVID-19, touchant environ 1,3 million de personnes au Québec en 2022[1]. Le prix des aliments n’a cessé d’augmenter : de 10,4 % entre 2022 et 2023, selon Statistique Canada, dépassant l’inflation établie à 5,9 % en janvier dernier. Soupçonnées de pratiquer « l’inflation cupide », c’est-à-dire de profiter de la situation inflationniste pour engranger des profits excessifs, les grandes chaînes d’alimentation font l’objet d’une enquête fédérale, car il faut mettre fin à ces abus.
Dans ce contexte, les épiceries solidaires et populaires jouent donc un rôle essentiel pour les ménages à faible revenu ainsi que pour les femmes monoparentales et les personnes âgées, qui peinent à joindre les deux bouts. Elles s’ajoutent à d’autres initiatives solidaires inspirantes (frigos-partage, cuisines et jardins collectifs, marchés solidaires, etc.) leur permettant de mieux se nourrir et à bas prix. Mieux les appuyer doit faire partie de nos priorités comme société, tout comme la mise sur pied de politiques visant à contrôler le coût de la vie (en plafonnant le prix des loyers, par exemple) et à lutter enfin avec détermination contre la pauvreté, 20 ans après l’adoption de la loi québécoise à cet égard.
[1] Données de mai 2022 de l’Observatoire québécois des inégalités, La faim justifie les moyens. S’engager de manière décisive à réduire durablement et à prévenir l’insécurité alimentaire des ménages au Québec, septembre 2022.



