Relations Hiver 2023-2024 / Débat

« [Il faudrait] se départir d’une voiture sur deux pour répondre aux défis climatiques. » Aussitôt lancée, cette déclaration du ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, se heurta à la réponse rassurante du premier ministre François Legault : le gouvernement québécois ne prendra aucune mesure qui pourrait avoir un effet sur le nombre d’autos et de VUS sur nos routes. Il n’y aura pas de guerre à l’auto solo tant que la Coalition Avenir Québec (CAQ) sera au pouvoir. Pour elle, la transition énergétique semble se limiter à ce que j’appelle une « électrification du statu quo », aux forts relents de duplessisme. Grâce à l’électrification, on pourrait, selon la CAQ, conserver notre mode de vie. Et en faisant miroiter le bas coût de notre hydroélectricité (une énergie verte) et notre accès à des minéraux et métaux critiques, elle espère attirer les investissements des multinationales vers nos régions ressources. La bonne affaire !

Quels gains écologiques ?

Près de la moitié de l’énergie consommée au Québec (énergie primaire) provient des énergies fossiles. La transition proposée par la CAQ se présente comme une conversion joule pour joule de cette consommation grâce à l’électrification massive. On connaît la recette : construction de nouveaux barrages, harnachement de nouvelles rivières et inondation de vastes territoires dans Eeyou Istchee et le Nitassinan. Elle implique aussi de garder Énergir dans l’équation et de prolonger notre dépendance au gaz naturel

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