Relations novembre 2000

Le modèle américain

Dominique Méda

Le temps partiel en France : une mesure contestée

Le temps partiel a été, depuis le début des années 90, promu comme une mesure qui pouvait permettre de créer des emplois et de faciliter l’entrée ou le retour des femmes sur le marché du travail. Cette mesure a été fortement subventionnée par les pouvoirs publics, grâce notamment à des abattements de cotisations sociales.

Le nombre d’emplois à temps partiel a considérablement augmenté, permettant un enrichissement de la croissance en emplois, mais cette mesure a été très contestée, en particulier par les organisations de femmes. Le temps partiel, massivement utilisé dans des secteurs à main d’œuvre majoritairement féminine, comme la grande distribution, a en effet été utilisé sous prétexte de conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle comme une mesure de flexibilité.

Entre 30 et 40 % des emplois à temps partiel entrent dans la catégorie « temps partiel contraint », c’est-à-dire que les personnes souhaiteraient travailler davantage. Ces emplois ont de surcroît une durée courte, souvent émiettée dans la journée (coupures qui ne permettent pas cependant aux salariées qui habitent loin de leur lieu de travail de revenir chez elles), et souvent placée tôt ou tard le soir dans des conditions qui compliquent la vie familiale au lieu de la faciliter.

Cette mesure ne semble donc pas avoir amélioré la conciliation entre la vie de travail et la vie familiale : de nombreuses enquêtes monographiques l’ont montré. Elle semble au contraire, non seulement rendre la vie des femmes plus difficile du point de vue de l’articulation de la vie familiale, mais aussi être l’une des raisons de l’accroissement de la présence des femmes parmi les travailleurs pauvres.

Le modèle américain

Restez à l’affut de nos parutions !
abonnez-vous à notre infolettre

Share via
Send this to a friend