Relations Printemps 2023 / Carnet

Yvon Rivard

La violence fondatrice

Comment expliquer que l’art, qui devrait être un chemin vers la paix en ce qu’il tend à faire de l’inconnu sa demeure, à trouver le salut, comme le dit Hölderlin, dans l’expérience la plus grande du danger, ne puisse éradiquer la violence ? À cette question, George Steiner évoque plusieurs réponses dont aucune ne le satisfait, y compris celle que l’art ferait si bien son travail qu’il risque de créer « une fiction plus puissante que les plaintes de ceux qui souffrent autour de nous. Non par omission délibérée, mais par un mécanisme psychique qui fait que le grand art possède la conscience à un point tel que nous sommes insensibles aux cris des hommes de chair » (« Entretien avec George Steiner », Le magazine littéraire, juin 2006). Selon René Girard, si le mal contamine ainsi le bien, c’est que le fondement de toute culture est précisément la violence qui naît du désir mimétique, du désir de se distinguer de l’autre, modèle qu’on imite et qu’on tue pour s’en différencier. 

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