La conception dominante et utilitariste de l’immigration doit changer

L’auteur, professeur associé à l’École de travail social de l’UQAM, est coordonnateur de l’Observatoire international sur le racisme et les discriminations


Depuis quelques années, il est de bon ton d’entendre les organisations patronales et les organisations politiques de droite seriner le refrain de l’importance de l’immigration pour l’avenir du pays, le poids démographique de la population, le progrès social et économique et la survie des programmes sociaux. Ce refrain usé impose une vision de l’immigration moulée sur les besoins en main-d’œuvre des entreprises. Dans les faits, ces arguments reposent sur du sable mouvant. Pourquoi?
 
Premièrement, la lutte féroce dans l’arène de la concurrence mondiale ne permet pas à elle seule de justifier la précarisation de l’emploi et la dévalorisation du travail. Deuxièmement, le travail temporaire et la sous-traitance font maintenant partie des stratégies de gestion des entreprises,