Relations Automne 2021 / Chronique littéraire

Dialogue poétique entre les mots de l’autrice et éditrice Valérie Lefebvre-Faucher et les images de l’artiste visuelle Natascha Niederstrass

« Ce fut un printemps sans voix.» Confinée aux marches de mon appartement, j’écoutais pourtant les oiseaux revenus. Ils animaient le vert minimal dans les craques du béton, joyeux, plus tranquilles sans doute que leurs prédécesseurs. Chaque année quand les journées s’allongent, mon inquiétude perce la neige, je guette ce qui ne renaît pas et je pense un moment : ça y est, tout est perdu. C’est maintenant l’année sans abeilles et sans fruits, l’année des oiseaux qui tombent. L’année des conserves d’urgence. Mais la fin est lente dans ce monde « pas tout à fait mortel » que nous nous sommes fabriqué. Année après année, revient le bourdonnement. Je pleure de soulagement devant les guêpes, les mannes, les baleines. Celle qui est venue mourir dans notre port cette année-là, s’est-elle dit, émue, comme moi : tiens, qu’arrive-t-il aux humains? On n’entend plus les enfants jouer. J’espère que ce n’est pas l’année de leur extinction

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