12 janvier 2021

Un cadeau en musique et en textes – Fantaisie n° 4

Fantaisie no 4
de Georg Philipp Telemann
Bridget Greason-Sharp, Hautbois, Lorrie Jean-Louis, textes.

illustration fenêtre no2 - Julie Belpaire

Je ne sais pas si je veux me réveiller ce matin. Le sommeil est doux et voilà que dehors il y a beaucoup de neige. La neige est un grand tapis blanc, moelleux et froid. On m’a dit que la neige avait un effet sur la pression atmosphérique et que cet effet favorisait le sommeil. Je n’ai rien vérifié. Je veux dormir.

Si je me réveille mille et une questions commenceront à poindre dans mon esprit encore penché sur ses rêves. Je ne suis pas prête à me demander ce que nous devons faire pour le réchauffement climatique. Je ne veux pas savoir si l’insécurité alimentaire est en rapport avec notre volonté de manger de tout en tout temps. Je crois que oui, mais ce matin, je ne veux pas le savoir. Ma voix a si peu de poids dans toute cette folie économique. Je suis Sisyphe, la pierre m’attend inévitablement.

J’essaie de soigner une mélancolie qui perdure. Chaque fois que je prends un léger élan, il retombe tout aussi vite. La mélancolie est pour moi une douleur ombragée, diffuse. C’est difficile de soigner un mal volatile. Au moins quand je dors, je n’essaie rien. Je ne suis pas somnambule.

J’ouvre un œil à la fois, mais comme j’en ai que deux, j’arrive vite au bout de mon jeu. Ça ressemble à mon secret qui n’en est pas un : je n’ai jamais réussi à faire des châteaux de cartes.

Fantaisie no 4
de Georg Philipp Telemann
Bridget Greason-Sharp, Hautbois, Lorrie Jean-Louis, textes.

illustration fenêtre no2 - Julie Belpaire

Je ne sais pas si je veux me réveiller ce matin. Le sommeil est doux et voilà que dehors il y a beaucoup de neige. La neige est un grand tapis blanc, moelleux et froid. On m’a dit que la neige avait un effet sur la pression atmosphérique et que cet effet favorisait le sommeil. Je n’ai rien vérifié. Je veux dormir.

Si je me réveille mille et une questions commenceront à poindre dans mon esprit encore penché sur ses rêves. Je ne suis pas prête à me demander ce que nous devons faire pour le réchauffement climatique. Je ne veux pas savoir si l’insécurité alimentaire est en rapport avec notre volonté de manger de tout en tout temps. Je crois que oui, mais ce matin, je ne veux pas le savoir. Ma voix a si peu de poids dans toute cette folie économique. Je suis Sisyphe, la pierre m’attend inévitablement.

J’essaie de soigner une mélancolie qui perdure. Chaque fois que je prends un léger élan, il retombe tout aussi vite. La mélancolie est pour moi une douleur ombragée, diffuse. C’est difficile de soigner un mal volatile. Au moins quand je dors, je n’essaie rien. Je ne suis pas somnambule.

J’ouvre un œil à la fois, mais comme j’en ai que deux, j’arrive vite au bout de mon jeu. Ça ressemble à mon secret qui n’en est pas un : je n’ai jamais réussi à faire des châteaux de cartes.

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