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Quand justice réparatrice et vivre-ensemble se rencontrent

Par : Frédéric Barriault

Frédéric Barriault est membre de l’équipe du Centre justice et foi et historien du catholicisme nord-américain.

Ce texte revient sur une initiative québécoise de justice réparatrice en la mettant au crible d’enjeux de l’heure importants : ceux de l’endoctrinement et du racisme. Cette initiative centre sa démarche sur les torts causés aux uns et aux autres. Que peut-elle induire comme alternative et changement de mentalité sur les enjeux du vivre-ensemble, notamment pour contrer une extrême droite en ascension?

Le 10 décembre dernier, j’ai assisté à une rencontre organisée conjointement par l’Institut soufi de Montréal et le Centre de services de justice réparatrice[1], à l’Institut de pastorale des Dominicains. Rencontres au cours desquelles des personnes détenues ou l’ayant été, des personnes ayant été victimes d’actes criminels et des gens du public ont l’occasion de se parler, de s’écouter les uns les autres, et de cheminer ensemble vers une meilleure compréhension mutuelle. Centrées sur l’écoute et le dialogue, ces réunions représentent une voie de guérison, mais aussi un exercice d’empathie pour les personnes qui y participent.

Qui dit justice réparatrice dit en effet témoignages livrés par des criminels repentis, et parfois aussi par des victimes (ou des parents de victimes) d’actes criminels, le plus souvent au sein d’une démarche de guérison, de réhabilitation et de réinsertion sociale. J’avais donc une bonne idée de ce à quoi j’allais être exposé en prenant part à cette rencontre. Même si j’avais l’impression tenace d’agir comme un imposteur ou un voyeur en me prêtant à un tel exercice.

Sortir de la violence par le biais de l’islam soufi

Plus fondamentalement, je tenais aussi à me rendre à cette assemblée en raison de la place de choix qu’elle accordait au vivre-ensemble et aux (controversés) processus de radicalisation[2] et de déradicalisation (je laisserai d’autres personnes plus compétentes que moi statuer à ce sujet). Étant engagé dans le dialogue interreligieux et dans la lutte contre le racisme et l’islamophobie, j’ai été interpellé par le titre et le programme de cette rencontre.

Intitulée Sortir de la haine : dialoguer pour réparer, celle-ci s’articulait autour de deux témoignages. D’abord celui du rappeur français Abd Al Malik (de son vrai nom Régis Fayette-Mikano), qui a raconté son enfance turbulente et violente dans une cité d’HLM de Strasbourg. Jeunesse au cours de laquelle il s’est enfoncé dans la petite délinquance au sein d’un gang criminalisé, jusqu’à ce qu’il découvre la poésie, la littérature et le rap. Mais aussi – et surtout – l’islam soufi[3]. Il trouve alors la paix du cœur, de l’âme et de l’esprit, et met sa prose, son rap, son cinéma[4] et sa notoriété au service du dialogue et du vivre-ensemble, notamment auprès des jeunes. Prenant la forme d’une vidéoconférence, le témoignage d’Abd al Malik est le fruit d’une entrevue réalisée en novembre 2017 par le directeur de l’Institut soufi de Montréal[5], Karim Ben Driss, lors d’un voyage au Maroc.

Sortir de l’engrenage de la haine raciale par le biais de la justice réparatrice

Cet appel à la paix, au dialogue et au vivre-ensemble a été au cœur de cette rencontre. Les personnes présentes ont d’abord été invitées à prendre part à un moment de silence et de prière, à la mémoire des 305 musulmans soufis assassinés par des djihadistes, dans une mosquée de la région du Sinaï, en Égypte le 24 novembre 2017[6]. Elles ont ensuite visionné le témoignage vidéo d’Abd Al Malik, puis celui de Steve* (prénom fictif). Condamné, puis incarcéré pour un meurtre et divers crimes haineux commis il y a une quinzaine d’années, le jeune homme a raconté avec force détails sa plongée dans l’engrenage de la haine néonazie, jusqu’à ce qu’il commette l’irréparable, c’est-à-dire le meurtre. C’est donc la gorge nouée, la voix chevrotante, le regard hésitant et fixé sur le plancher que Steve* a fait le récit de sa radicalisation – et de sa déradicalisation. Étant parfaitement conscient de la nature odieuse des crimes qu’il a commis et aussi de la composition de l’auditoire venu assister à la rencontre (les membres de la communauté soufie s’y trouvant en effet nombreux).

Sans jamais chercher à se dédouaner de sa propre responsabilité dans le crime qu’il a commis (il se qualifie lui-même de meurtrier), Steve* est remonté jusqu’à la source de cette spirale de violence, c’est-à-dire son enfance malheureuse, au sein d’une famille dysfonctionnelle, dans une région forestière du nord du Québec. Une enfance marquée par le divorce de ses parents, la négligence parentale, les abus psychologiques, les châtiments corporels à répétition, et le ballotage entre une maison et l’autre, entre un parent et l’autre, suivi de nombreux séjours en famille d’accueil et en centre jeunesse. En résulte une plongée dans l’alcool, la drogue et la petite délinquance.

Jusque-là, dit-il, rien ne le prédestinait à s’enfoncer dans l’engrenage de la haine raciale : il relate avoir eu un « ami noir » (haïtien) à l’adolescence et avoir d’abord été attiré par le mode de vie des punks. Ce qui lui vaudra d’ailleurs d’être sauvagement battu par des fiers-à-bras, lors d’une soirée où il était, confie-t-il, fortement intoxiqué. Jusqu’à ce qu’une bande de skinheads néonazis ne viennent à sa défense… Après avoir terrassé et fait fuir ses assaillants, les skinheads s’engagent à le protéger et à l’intégrer dans leur gang.

La transposition de leur désespoir et de leur rage dans le registre du religieux, dans sa version djihadiste, se fait d’autant plus facilement qu’ils sont ignorants de l’islam. La délinquance, et souvent la récidive, les a conduits généralement à la prison, et la socialisation carcérale a contribué à mûrir leur haine de l’autre et à renforcer leur vision extrémiste de l’islam

Il s’enfonce sans le savoir dans une mécanique d’endoctrinement hélas trop bien connue (nous y reviendrons). Un jeune en colère, sans famille et sans repères, qui cherche désespérément à être aimé, entouré, apprécié, encouragé. Et qui trouve une « famille » au sein des gangs néonazis et des mouvances d’extrême droite. Se sentant accueilli et protégé par ses nouveaux « frères » au crâne rasé, il s’emmure dans l’idéologie néonazie, puis se radicalise de manière exponentielle, coupant les ponts avec ses parents et anciens amis, multipliant les bagarres, passages à tabac et coups d’éclat afin de prouver sa valeur et sa bravoure à ses frères. Même certains skinheads commencent à le trouver trop radical pour eux. Sa rage, sa soif de violence et son aveuglement idéologique ne connaissant pas de limite, il finit par commettre l’irréparable et en vient à tuer. Condamné, puis incarcéré pour divers crimes haineux (dont ce meurtre), on l’envoie dans un pénitencier à sécurité maximale. Même derrière les barreaux, sa rage haineuse ne s’essouffle pas. Au contraire : il exhibe avec fierté ses tatouages néonazis et s’empresse de créer un gang de suprématistes blancs derrière les murs.

Jusqu’à ce que sa carapace de dur à cuire se fragilise et vole en éclats. D’abord en thérapie, au pénitencier. Ensuite de manière totalement inattendue, lors du… tremblement de terre à Haïti, en 2010. L’image d’enfants cherchant leurs parents dans les décombres d’immeubles s’étant effondrés font surgir en lui un torrent de larmes incontrôlé et incontrôlable. Lui, l’homme raciste, violent, obtus et fermé comme une huitre, se surprend à être capable d’empathie et d’émotions, plus encore à la vue d’enfants noirs, et habitant dans un pays lointain. S’il parvient à ressentir de la tristesse et de la compassion pour ces enfants, c’est que quelque chose commence à se rompre en lui. L’engrenage de la haine qui s’enraye. Sa carapace de raciste et de dur à cuire qui se fissure. L’édifice idéologique derrière lequel il s’est emmuré qui se lézarde et s’effondre.

La mécanique de la radicalisation

Cette mécanique, disais-je plus tôt, est trop bien connue. Comme bien des gens, j’ai été troublé, sinon tétanisé, par la multiplication des attentats djihadistes perpétrés ces dernières années, et ce, tant en Europe, qu’en Amérique, en Afrique ou au Moyen Orient (car, ne l’oublions pas, les musulmans sont, et de très très loin, les premières victimes de ces attentats). Refusant de céder à la peur et aux amalgames, j’ai cherché à me documenter sur le phénomène, lisant certains auteurs s’étant intéressés au radicalisme djihadiste, qu’il s’agisse d’Olivier Roy, de Fabien Truong, de Raphaël Liogier ou de Farhad Khosrokhavar. Sans évacuer totalement la variable religieuse, ceux-ci insistent avant tout sur le profil type des jeunes s’étant radicalisés et ayant perpétré des attentats terroristes. Dans bien des cas, note Khosrokhavar :

Ces extrémistes sont originaires des classes populaires […] et viennent pour la plupart de familles éclatées, où l’autorité parentale, et surtout paternelle, est absente ou défaillante. Beaucoup d’entre eux ont été placés dans des foyers [d’accueil]. Ils ont fait l’expérience de la précarité et de l’exclusion qui a fait naître chez eux un profond sentiment de stigmatisation, d’injustice et d’indignité. Ils partagent une contre-culture de la déviance, fruit de la certitude de ne pouvoir se réaliser et accéder à l’aisance matérielle des classes moyennes que par le vol et les trafics. Désislamisés au départ, ils découvrent l’islam radical sur Internet ou au contact d’autres jeunes et y trouvent un moyen de surmonter leur humiliation, de se construire une nouvelle identité et de donner une légitimité à leur violence. La transposition de leur désespoir et de leur rage dans le registre du religieux, dans sa version djihadiste, se fait d’autant plus facilement qu’ils sont ignorants de l’islam. La délinquance, et souvent la récidive, les a conduits généralement à la prison, et la socialisation carcérale a contribué à mûrir leur haine de l’autre et à renforcer leur vision extrémiste de l’islam.[7]

Encore faut-il avoir le courage de reconnaître que ce dévoiement (violent) de la jeunesse est aussi (surtout?) le résultat du dévoiement de nous tous, les adultes, et plus encore de nos élites politiques, économiques et culturelles, qui n’ont pas su prêter l’oreille à la détresse qui gronde chez ces jeunes, ni d’ailleurs (re)tisser les solidarités propres à enrayer cette spirale haineuse et meurtrière.

C’est dans cette optique qu’Alain Bertho a parlé d’islamisation de la radicalité[8] (et non de radicalisation de l’islam), comme si la variable religieuse islamique ne jouait qu’un rôle secondaire, le facteur-clé étant ici le développement, chez ces jeunes fragilisés, de comportements antisociaux, délinquants, conjugués à une haine du « système », c’est-à-dire de l’ordre social dominant. Les recruteurs de Daesh ont habilement su jouer sur ces faiblesses des jeunes déjà fragilisés, en offrant un exutoire violent, simpliste et manichéen à leurs vexations bien réelles, de même qu’à leur « désir frustré d’être quelqu’un ».

Je me suis également inquiété de la montée en puissance de l’extrême droite xénophobe et islamophobe, tout comme d’ailleurs de la multiplication des attentats et fusillades perpétrés par les militants néonazis. Notons toutefois qu’une tangente analogue semble se dessiner en ce qui a trait au profil type du côté des militants des groupes d’extrême droite :

Ces militants sont surtout des jeunes très précarisés, souvent au chômage, cumulant les petits emplois et les aides de l’État. Ils ont un faible niveau de diplômes […] les tenant à l’écart de l’intégration à la mondialisation. Ils sont les victimes de la crise et de la désindustrialisation, les premiers à avoir été touchés par les pertes d’emplois. Ils ont grandi dans des familles où le plus souvent une seule personne travaille ou ont été élevés au sein de familles monoparentales avec une mère en grande précarité.

Ils souhaitent un régime à la fois beaucoup plus à gauche sur le plan économique, beaucoup plus sécurisant, défendant un État-providence fort, mais qui exclurait tous les étrangers de cet État et de ses bienfaits. Il s’agit donc d’une manifestation d’une sorte de « chauvinisme de l’État-providence » raciste, xénophobe. C’est un « socialisme du ressentiment », qui est un discours gauchisant, socialisant au niveau économique mais réservé uniquement, par racisme, par rejet et peur de l’autre aux nationaux et aux nationaux de la même race, c’est-à-dire blanche.[9]

Là encore, la préséance semble aller aux facteurs sociologiques (jeunes sous-scolarisés issus de familles dysfonctionnelles) et socioéconomiques (désindustrialisation, précarité) plutôt qu’aux facteurs proprement idéologiques, comme si l’idéologie était adoptée après coup. Soyons clairs, loin de moi l’idée d’établir une espèce d’équivalence, ni d’ailleurs la moindre symétrie[10] entre djihadisme et extrême droite (même si certains analystes aiment présenter les djihadistes et les néofascistes comme des « alliés objectifs », tous deux tirant profit de la polarisation politique et l’effritement du tissu social[11]).

Loin de moi aussi l’idée de vouloir dédouaner l’extrême droite et les mouvances djihadistes de leur responsabilité dans cette radicalisation violente des jeunes désœuvrés. Au contraire, force est de constater que les djihadistes et les néofascistes prennent tous deux (opportunément) appui sur les mêmes fragilités, le même désarroi, le même désespoir des jeunes, tout en cherchant à canaliser leur rage, leur colère et leur violence à des fins politiques[12]. Encore faut-il avoir le courage de reconnaître que ce dévoiement (violent) de la jeunesse est aussi (surtout?) le résultat du dévoiement de nous tous, les adultes, et plus encore de nos élites politiques, économiques et culturelles, qui n’ont pas su prêter l’oreille à la détresse qui gronde chez ces jeunes, ni d’ailleurs (re)tisser les solidarités propres à enrayer cette spirale haineuse et meurtrière[13].

Ce que peut la justice réparatrice 

Revenons à Steve* et à son processus dit de déradicalisation. Comme je le mentionnais plus tôt dans ce texte, ce dernier s’était engagé librement dans l’engrenage de l’endoctrinement violent et bientôt meurtrier, au sein de l’extrême droite néonazie. Ni son crime, ni son arrestation, ni son incarcération n’ont immédiatement mis un terme à sa haine. Jusqu’à ce que sa carapace se fissure et que l’armature « rassurante » de l’idéologie raciste se lézarde. Il commence à comprendre qu’il n’est pas son crime et que son crime ne détermine pas qui il est et doit être. Il a existé en tant que personne avant son crime. Il doit donc se réconcilier avec la personne qu’il était avant ce crime, d’autant, dit-il, qu’il n’était pas raciste, ni violent à cette époque. D’où ses larmes incontrôlables à la vue d’enfants haïtiens cherchant (les corps de) leurs parents dans les décombres du séisme.

Il apprend aussi à assumer pleinement la responsabilité de ce crime. Et puis à se réconcilier avec la personne qu’il était au moment de le commettre. Avec cette rage, ces blessures, cette violence qui l’habitaient. Et qui ont été exploitées par l’extrême droite néonazie. Il commence également à comprendre que sa vie devra reprendre son cours, une fois qu’il aura purgé sa peine. Aussi s’engage-t-il dans un processus de déradicalisation et de pacification intérieure, d’abord en thérapie, ensuite en découvrant le bouddhisme et la méditation. Lors d’une des sorties supervisées, il brûle tous ce qui le relie à son ancienne vie de skinhead, des drapeaux aux bannières, livres et affiches néonazis. De plus, il espère faire disparaître de sa peau les tatouages qui le relient à ce passé honni. Il s’engage ensuite dans une démarche de réhabilitation et de réinsertion sociale, dans une optique de justice réparatrice. Aussi demandera-t-il aux autorités carcérales de lui permettre de faire des travaux communautaires dans un centre d’aide pour personnes immigrantes. Son témoignage dans une salle qu’il sait être remplie de musulmans s’inscrit également dans une démarche de dialogue libérateur et réparateur

Comme c’est parfois le cas dans ce genre de rencontre, l’empathie et la fraternité humaine sont au rendez-vous. Toutes les personnes présentes ont écouté avec respect le témoignage de Steve*, s’abstenant de l’interrompre et de le juger. Les membres de l’assemblée – qu’ils fussent chrétiens, musulmans-soufis, agnostiques ou athées – ont adressé des remerciements, des encouragements et des paroles réconfortantes à Steve*, certains y allant même de poignées de mains, d’accolades, et même de regards souriants et attendris. C’est autour de tasses de thé et de biscuits offerts par l’Institut soufi de Montréal que cette rencontre a pris fin. Le chrétien en moi, le citoyen en moi, l’apôtre du dialogue et du vivre-ensemble en moi ont trouvé dans cet événement matière à réflexion, matière à introspection. J’en suis ressorti convaincu de notre capacité collective à nous pardonner les uns les autres, à nous sauver les uns les autres. À nouer des liens et à tisser des solidarités, afin d’édifier, un jour à la fois, une rencontre à la fois, une poignée main à la fois, une tasse de thé à la fois, un monde plus fraternel, plus solidaire.


[1] Le Centre de services de justice réparatrice (http://csjr.org) accompagne des personnes touchées par un acte de violence ou un délit criminel qui désirent s’engager dans un processus réparateur basé sur la rencontre, le partage, le dialogue et l’inclusion.

[2] Philippe Blanchet, « ‘‘La radicalisation’’ : Réflexions critiques sur un concept pernicieux » http://lmsi.net/la-radicalisation

[3] Anne Migner-Laurin, « Soufisme : l’ivre sacré », Le Devoir, 17.8.2017, https://www.ledevoir.com/culture/musique/160750/soufisme-l-ivre-sacre

[4] Thomas Sotinel, « ‘‘Qu’Allah bénisse la France’’ : Abd Al Malik filme son passage d’un côté à l’autre de la rue », Le Monde, 9.12.2014, www.lemonde.fr/cinema/article/2014/12/09/qu-allah-benisse-la-france-abd-al-malik-filme-son-passage-d-un-cote-a-l-autre-de-la-rue_4536995_3476.html

[5] La vocation de l’Institut soufi de Montréal (http://institut-soufi.ca) est de faire découvrir la spiritualité musulmane, connue sous le nom de soufisme. La religiosité dont il est porteur est celle d’un attachement aux principes de concorde et de dialogue.

[6] Voir : Ismaël Alexandrani, « Généalogie du djihadisme au Sinaï. Du soufisme aux actions armées », Orient XXI, 22 septembre 2014 : https://orientxxi.info/magazine/genealogie-du-djihadisme-au-sinai,0687

[7] Anne Chateau-Malclès, « La sociologie de la radicalisation : Entretien avec Farhad Khosrokhavar », Ressources en sciences économiques et sociales 10.1.2016, http://ses.ens-lyon.fr/articles/la-sociologie-de-la-radicalisation-entretien-avec-farhad-khosrokhavar-291659

[8] Voir sous ce lien : http://www.regards.fr/web/article/alain-bertho-une-islamisation-de

Voir aussi la reprise de cette thèse par Olivier Roy, « Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste », Le Monde, 24.11.2015, http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/24/le-djihadisme-une-revolte-generationnelle-et-nihiliste_4815992_3232.html

[9] Stéphane François, « Les nouveaux militants perdus de l’extrême droite radicale ressemblent à leur grands frères » , Slate, 10-04-2014, http://www.slate.fr/story/85579/extreme-droite-radicale

[10] Les univers de sens auxquels renvoient ces deux pôles sont inégaux cependant : la communauté de sort et affective ici mobilisée s’insère de façon asymétrique dans nos représentations. On fait peu de cas ici du racisme et de l’islamophobie. L’extrême droite et ses idées ont contaminé la sphère politique et sont exportées à coups de bombardiers et donnent lieu à des régimes d’exception dans nos démocraties libérales. Quelle symétrie dès lors avec le sort réservé à l’extrême droite dont les idées polluent atmosphériquement même à gauche?

[11] Enzo Traverso, Les nouveaux visages du fascisme, Paris, Textuel, 2017. Voir aussi : Frédéric Neyrat, « Une hégémonie d’extrême droite. Étude sur le syndrome identitaire français » Lignes, 2014/3 (No 45). https://www.cairn.info/revue-lignes-2014-3-page-19.htm

[12] Mouloud Idir et Alfredo Ramirez-Villagra, « Entretien avec Alain Bertho : ’’ La colère, la rage et le désespoir d’une génération s’expriment bien avant l’offre d’un engagement confessionnel meurtrier ’’ », Webzine Vivre ensemble (Centre justice et foi) 25, 87 (2017), http://cjf.qc.ca/vivre-ensemble/webzine/article/entretien-alain-bertho-colere-rage-desespoir-dune-generation-sexpriment-bien-loffre-dun-engagement-confessionnel-meurtrier/

[13] Alain Bertho, Les enfants du chaos. Essai sur le temps des martyrs, Paris, La Découverte, 2016, 210 p.