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DOSSIER : - Thèmes variés Vol. 22 Num. 75

Thèmes variés Vol. 22 Num. 75

SOMMAIRE DU BULLETIN

Webzine Vol. 22 no 75
AUTOMNE 2014

Être Chinois au Québec : entretien avec Parker Mah

Par : Mouloud Idir et Bochra Manaï

Le documentaire Être Chinois au Québec offre au public une balade aux quatre coins du Québec guidée par les cinéastes Malcolm Guy et William Gin Wee Dere. Ce film actualise à sa façon la question de la quête identitaire à travers le regard de deux jeunes issus de l’immigration chinoise, Parker Mah et Bethany Or. Ce duo a sillonné le Québec pour aller à la rencontre d’une diaspora sino-québécoise trop méconnue. Leur démarche consistant à savoir ce qu’est l’identité sino-québécoise actuelle permet de poser un regard critique sur la place dévolue à l’immigration dans l’historiographie dominante. Elle permet de prendre la mesure du poids des représentations et des processus d’altérisation qui imprègnent encore nos politiques migratoires. Vivre ensemble a rencontré Parker Mah[1], co-animateur de ce documentaire, pour en savoir plus sur les motivations ayant présidé à sa réalisation.       

Vivre ensemble (V.E.) : Dans quelle démarche personnelle s’inscrit votre engagement auprès des personnes d’origine chinoise?
 
Parker Mah (P.M.) : Je portais déjà un grand intérêt à ma communauté d’origine au moment où je vivais à Vancouver. J’avais d’ailleurs entamé un projet d’histoire orale avec ma propre famille, ce qui m’a conduit à faire une recherche approfondie sur mes racines : je suis ainsi parti retrouver les traces du chemin parcouru par mes ancêtres pour immigrer ici. J’ai été personnellement marqué par la persévérance dont ils ont fait preuve, compte tenu des grandes difficultés qu’ils ont dû traverser. Je me suis impliqué par la suite dans le New Voices Project (Projet Nouvelles voix) qui visait à expliquer et promouvoir l’identité culturelle et créative distincte de la jeune génération d’origine asiatique. Je voulais combler ce que je percevais comme une lacune et un manque par rapport aux thématiques généralement abordées par les jeunes artistes d’origine asiatique vivant ici. Ces derniers s’exprimaient sur des sujets qui concernaient surtout la vieille génération et qui représentaient peu ou pas la réalité de quelqu’un comme moi faisant partie de la quatrième génération. Je suis né à Vancouver, j’ai grandi là-bas, je parle l’anglais et le français et je suis à l’aise dans le contexte culturel canadien. Cela ne veut pas dire pour autant que je n’éprouve aucune difficulté, mais plutôt que mes problèmes sont différents.

Suite à mon déménagement à Montréal, un autre collaborateur du projet, Rob Parungao, et moi, avons décidé de réanimer le concept, version montréalaise. On a remarqué que le regard porté sur l’étranger est différent au Québec, et le fait de la francophonie donne un autre niveau de profondeur à la construction identitaire des immigrants au Québec. On a réalisé plusieurs entrevues d’histoire orale avec des Québécois d’origine chinoise, mais pour diverses raisons ce projet n’a pas abouti. Dans cette équipe, il y avait aussi celle qui allait devenir ma co-animatrice dans le film, Bethany Or. Du fait de notre implication dans ce projet, on a été contacté par Malcolm Guy et William Dere, les réalisateurs du film, pour y participer en tant que protagonistes, avec le soutien de Productions Multi-Monde.

 
V.E. : Et qu’est-ce qui vous a amenés à participer à ce documentaire?
 
P.M. : Ma motivation pour participer à ce film était de pouvoir partir à la quête de mon identité, tout en examinant la situation et l’état de la communauté chinoise au Québec, même si à la base c’est un terme problématique, puisqu’il n’y a pas vraiment de communauté chinoise uniforme. Le documentaire prend la forme d’un road trip à travers le Québec, de Montréal jusqu’à Gaspé, et à chaque escale l’approche est la même : nous nous arrêtons, nous débarquons, nous trouvons des Chinois et nous leur posons des questions. « Est-ce que tu te sens Québécois? », « Est-ce que tu te sens Chinois? », « Pourquoi êtes-vous venus ici? », « Quelle est votre expérience du Québec en tant que Chinois? » Cela revient donc à tenter de comprendre ce que signifie « Être Chinois au Québec ».

 
V.E. : Quels sont les questionnements que vous avez tenté de rappeler dans ce documentaire?
 
P.M. : On peut dire que le film tourne autour de trois thèmes principaux. Le premier est bien sûr celui de l’identité : celle à laquelle les jeunes Québécois d’origine chinoise se rattachent, surtout pour bien comprendre comment ils conjuguent le respect de la langue française et de la culture québécoise avec le respect de leur langue et de leur culture chinoises. Le deuxième thème est la diversité : comment les Chinois sont-ils perçus et représentés dans les médias et dans l’imaginaire collectif? Le troisième thème est la lutte pour l’égalité : il aborde les droits des travailleurs, la discrimination et l’accès (ou manque d’accès) aux services sociaux pour les Chinois au Québec.

 
V.E. : Pourquoi est-il important de parler encore des mesures législatives comme la taxe d’entrée imposée aux Chinois par le Canada? Votre documentaire s’y attelait dès le départ. 
 
P.M. : Parce que nous percevions une sorte de déconnexion entre la façon avec laquelle la jeune génération se représente le Canada et les luttes des anciennes générations pour l’égalité citoyenne. Tout cela est quelque chose que les nouveaux arrivants chinois ne savent pas. Même ceux qui vivent au Québec l’ignorent. Nous voulions ainsi revenir à cette mémoire des luttes en vue de réfléchir aux défis et aux enjeux actuels, parce qu’il y a encore du travail à faire pour atteindre la parité avec les Canadiens et les Québécois.

 
V.E. : Comment est-il possible d’inscrire ce type d’histoire minoritaire, périphérique et subalterne dans l’histoire collective? Quel est le rôle qui incombe aux médias par exemple? 
 
P.M. : C’est une tâche ardue. En cherchant des chaînes de télévision pour diffuser le film, nous n’avons rencontré que des difficultés. On nous rétorquait que le documentaire concernait uniquement les Chinois au Québec, donc que seuls ces derniers seraient intéressés à le voir. Oui, ce documentaire se concentre sur les Chinois au Québec, mais il est universel en ce qui a trait à l’expérience migratoire.

Pour ce qui est du mouvement qui réclame, auprès du gouvernement canadien, des réparations financières pour les injustices découlant de la taxe d’entrée et de la Loi d’exclusion, nous n’avons pas trouvé plus de soutien ou d’écho pour cette cause, même si plus de gens en sont conscients maintenant.

Rappelons qu’entre 1885 et 1923 ce sont des dizaines de milliers d’immigrants chinois qui ont dû payer une taxe pour entrer au Canada. En 1923, le gouvernement va plus loin et adopte la Loi concernant l’immigration chinoise (Chinese immigration Act), également connue sous le nom de Loi sur l’exclusion. Cette loi interdit purement et simplement l’immigration chinoise au Canada. Durant les 24 années suivantes (1923-1947), aucun Chinois n’entrera au Canada et certaines restrictions subsisteront jusqu’en 1965. Cette loi empêcha même les Chinois déjà établis de faire venir leur famille de leur pays. Pendant plus de six décennies, ces mesures fondées sur la « race » ont délibérément été appliquées par l’État fédéral. D’autres groupes d’immigrants ont également subi de la discrimination pendant cette période (les Japonais, les Indiens…).

Cela dit, en ce qui me concerne, ce que je réclame, c’est plutôt une reconnaissance politique des injustices : que cela soit inscrit dans l’histoire et enseigné dans les écoles. Je souhaite qu’il y ait un portrait plus juste de l’histoire de l’immigration chinoise dans l’historiographie canadienne. Mais cela exige des regards « alternatifs » et plus critiques. L’histoire du mouvement ouvrier du Canada doit témoigner du fait que ce sont aussi les Chinois qui ont bâti le pays.

Mon arrière-grand-père était de ceux qui ont bâti le chemin de fer transcanadien. C’est une histoire qu’on n’entend pas, qu’on ne voit pas dans les textes ou dans les livres d’histoire.  Et ça, c’est une injustice autant qu’une lacune. Au-delà des excuses et d’un possible redressement, ce qui m’importe, c’est de contribuer à inscrire cette histoire dans la mémoire collective. Plus largement, nous voulons contribuer à une valorisation de l’immigration dans l’histoire populaire.

 
V.E. : Est-ce que cette quête vous a amenés à créer des liens avec d’autres migrants ou avec des groupes d’autochtones?
 
P.M. : À ce jour, il n’y a pas vraiment eu de collaboration en ce sens, d’autant plus qu’on ne peut pas vraiment transposer la réalité des Chinois, car les expériences sont singulières. Nous nous concentrons pour le moment sur l’expérience historique des Chinois, notamment sur ces enjeux particuliers que constituent la taxe d’entrée et la Loi d’exclusion.

Je dirais toutefois que des interactions inédites sont survenues en différents lieux durant les projections du documentaire et dans les discussions qui ont suivi. Lors de la tournée dans les universités, dans les cégeps et dans d’autres milieux, aussi bien à Ottawa, à Toronto, à Québec, à Rimouski, à Montréal qu’à Calgary, j’essayais – chaque fois que cela m’était possible – d’accompagner le film et de susciter des discussions et des échanges avec le public. Cela a été l’occasion de rencontres enrichissantes. Par exemple, les personnes d’origine italienne ou haïtienne nous disaient se reconnaître dans une sorte de communauté de destin et se sentir concernées quand il était question du fait que certains ressortissants sont représentés comme des citoyens de seconde classe. Je n’étais pas présent lors des projections à Hong Kong, mais on m’a dit qu’il y est ressorti une sorte de solidarité quant au processus de redéfinition de l’identité hongkongaise, souvent complexe, par rapport à la Chine continentale. Ainsi, fréquemment, il y a eu un sentiment d’identification qui transcendait les origines, ce qui illustre pour ainsi dire la portée universelle de notre documentaire.

 
V.E. : Dans les portraits brossés que vous nous exposez dans le documentaire, vous donnez la parole à une multiplicité de voix issues de l’immigration chinoise. Pensez-vous que cela contribue à changer ou à déplacer le regard que les gens de la société d’accueil ont sur les Chinois, qu’ils se représentent comme de dociles travailleurs?
 
P.M. : On voit en effet les Chinois comme de bons immigrants avec un esprit de sacrifice et de travail, contrairement à d’autres migrants qui sont dépeints comme paresseux ou trop revendicateurs. Cette image positive des Chinois, malgré elle, peut véhiculer aussi des connotations péjoratives, selon moi. Je n’ai pas besoin de citer le leader de la CAQ, François Legault, qui disait en 2012 qu’il craignait que les Québécois se fassent éclipser par des Chinois trop assidus[2].

Dans le film, nous voulions effectivement montrer une diversité de personnes et de perspectives. Et il faut dire que nous n’avons pas eu besoin d’aller chercher loin. Si on commence à faire des recherches dans la communauté chinoise, on se rend vite compte qu’il y a une diversité de voix. Il y a des différences intergénérationnelles, linguistiques et culturelles, reliées aussi aux différentes vagues d’immigration et aux contextes sociopolitiques qui les ont provoquées. Il y en a qui gèrent des dépanneurs et des restaurants chinois, comme ont fait mes grands-parents; il y a les Hongkongais, les Hakka, ceux de la Chine continentale et ceux de la diaspora, qui ont tous des vécus différents. Il y a Cathy Wong, travailleuse culturelle d’origine sino-vietnamienne, qui s’identifie tellement aux valeurs québécoises qu’elle dit avoir déjà voulu rejeter son affiliation à la culture chinoise.

Il y a aussi des gens comme Winston Chan, membre du Conseil supérieur de la langue française, qui soutient que les immigrants chinois doivent mettre 200 % d’efforts pour être considérés  sans égard à leurs origines. Cela s’applique à l’ancienne génération, en est-il de même pour quelqu’un qui est né ici?

Sur la trentaine de personnes rencontrées, une quinzaine ont été retenues pour le documentaire. D’autres réalités n’y sont donc pas montrées, faute de temps : la perspective gay et lesbienne, la perspective des Chinois adoptés. En somme, il n’y a pas une « communauté » chinoise unifiée telle que les médias le laissent croire trop souvent. Ce regard vient en partie de l’ignorance. Il trahit des préjugés et une superficialité d’analyse. 

 
V.E. : En vérité, nous ne savons rien de la Chine et des Chinois qui vivent ici, en dehors des représentations stéréotypées que nous en donne le cinéma ou de l’image de la Chine comme manufacture du capitalisme mondialisé.
 
P.M. : Je ne crois pas que ce regard soit destiné spécifiquement aux Chinois, mais qu’il y a aussi un rapport plus complexe vis-à-vis des étrangers de la part des Québécois, qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs au Canada. J’ai vécu à Vancouver une bonne partie de ma vie, je suis d’apparence chinoise, ma mère et mon père sont Chinois, mais je n’ai jamais senti qu’il fallait que je prouve quoi que ce soit – les gens m’acceptaient tel quel. J’étais Parker le pianiste, l’étudiant, ou le voisin. Rarement m’a-t-on questionné sur mon identité en me demandant « d’où viens-tu? ». À Vancouver, j’étais simplement un gars de Vancouver. Une fois au Québec, je me le faisais demander plusieurs fois par semaine. Certes, on est moins exposé à la culture asiatique ici, mais cette distinction entre les deux villes reste marquante pour moi. En revanche, je ne crois pas qu’il y ait nécessairement moins d’ouverture aux autres cultures ici qu’à Vancouver, mais l’ouverture au Québec s’accompagne d’une catégorisation préalable.

 
V.E. : Vous avez gardé le discours de certains acteurs qui s’inscrivent dans un imaginaire et une perspective de mobilisation sociale progressiste, alors même que l’on pourrait attendre des immigrants chinois qu’ils soient viscéralement anticommunistes et intégrant fondamentalement l’American way of life. Est-ce voulu de donner la parole à des voix progressistes de cette communauté?
 
P.M. : C’est difficile d’assurer le transfert d’une vision ou d’une position politique d’une génération à une autre, surtout quand la nouvelle génération se retrouve dans un contexte complètement différent. Ce qui rend la question plus complexe, c’est la diversité des motivations qui ont provoqué l’immigration chinoise vers le Canada et ce, sur une période qui s’étend sur plus de cent ans, avant l’arrivée au pouvoir du parti communiste. Mon arrière-grand-père, comme bien d’autres, a fui bon nombre de problèmes endémiques en Chine à l’époque : pénuries alimentaires, conflits civils, taux de chômage élevé, ainsi qu’un futur politique instable.

Cela étant dit, on réagit à ce qui nous paraît ignoble, injuste, dans le contexte où on le subit. Nous avons effectivement voulu montrer des voix progressistes et en tracer un autre portrait. May Chiu est la première Québécoise d’origine chinoise à s’être portée candidate au Bloc québécois, contre Paul Martin. Walter Tom a été très actif dans le mouvement pour le redressement des injustices causées par la taxe d’entrée et la Loi d’exclusion. Et il y en a d’autres. Les médias et les regards dominants ne donnent à voir que des maîtres d’arts martiaux, des adoptés, des geeks ou des médecins et des comptables surperformants, etc. Où sont les Chinois militants, artistes, ceux et celles qui œuvrent dans les sciences humaines? Ça, c’est plus ma communauté, c’est à elle que je m’identifie. Nous voulions montrer que ça existe, des Chinois qui luttent non seulement pour des causes reliées à leur communauté, mais aussi pour d’autres causes pour la justice sociale.

 
V.E. : Votre film a réussi à contourner le lieu commun qui inscrit presque exclusivement l’immigration au Québec dans la réalité urbaine. Comment avez-vous sélectionné les personnes à l’extérieur de Montréal?
 
P.M. : Oui, nous voulions montrer la perspective des Chinois vivant en région et dans les plus petites villes. C’est vrai que leur expérience y est différente. Souvent, nous fixions préalablement un rendez-vous, d’autres fois non, comme à Gaspé. Nous n’avions pas de contact là-bas. Nous sommes débarqués là, nous avons demandé aux gens s’il y avait un restaurant ou un dépanneur chinois. Tout le monde pointait vers le même restaurant. Ce qui est bien avec les Chinois, c’est qu’ils sont faciles à repérer! (Rires.) Il y avait donc une famille chinoise propriétaire d’un restaurant nommé Le Bourlingueur qui proposait une cuisine chinoise et canadienne. Quand notre équipe composée de quatre personnes d’origine chinoise est entrée, j’ai pensé qu’ils n’avaient probablement jamais vu autant de Chinois dans le restaurant! Tout le monde nous regardait. C’était une famille qui y vivait depuis longtemps et qui parlait le même dialecte (le toisanais) que ma grand-mère. Ils avaient un fils de 18 ans qui ne savait pas comment nous approcher et qui parlait avec un très bel accent gaspésien. Parfois, nous trouvions les gens par hasard, parfois c’était planifié. Nous avons tenté de diversifier notre approche et de rester ouverts aux rencontres spontanées qui émergent en cours de route. 

 
V.E. : Comment inscrivez-vous votre réflexion sur les Chinois au Québec dans la tournure qu’a pris le débat sur l’immigration dans la province?
 
P.M. : Le projet de Charte des valeurs québécoises et le débat qui a suivi ont surgi à la fin de la production. Nous n’avons malheureusement pas pu aborder cela dans le film ; nous aurions aimé le faire. Le film aurait pu aller un peu plus loin, mais nous avons tourné en 2011, soit un peu avant cet épisode. Tout le débat qui en a découlé renvoie, pour moi, à la question de l’altérité, le fait de mettre l’Autre dans une catégorie à part et de créer une frontière entre un « Nous » et un « Vous ». Et les Chinois n’en font pas exception. Je ne veux rien minimiser, car même si les Chinois n’ont pas été aussi visés que les musulmans ou d’autres groupes par cette question de l’altérité, ils en auraient été tout de même affectés. La philosophie et les valeurs qui sont derrière la Charte creusent les différences, renforcent les frontières symboliques et tendent à polariser les groupes. Le film aborde le sujet indirectement en retraçant un peu l’histoire de l’immigration chinoise, la discrimination systématique et le long chemin parcouru pour contrer l’altérisation.

V.E. : Selon vous, qu’est-ce qu’il faut pour faire partie de cette histoire collective? Et dans quels secteurs de la société un tel travail se fait-il?
 
P.M. : Je crois que ça prend une représentation plus juste dans les médias pour briser les stéréotypes et montrer qu’il y a des Chinois dans toutes les sphères de la société. Ils sont militant-e-s, universitaires, artistes ; ils s’impliquent dans les mouvements sociaux, etc. Ça prend aussi une présence politique plus forte. Il faut une volonté de changer les choses non seulement pour les Sino-Québécois, mais aussi pour les immigrants en général. Il est important aussi d’encourager la participation citoyenne au sein de la communauté chinoise. Parce que si les Québécois nous perçoivent comme réservés, avec du recul, on s’aperçoit que ce n’est pas pour rien. Il faut utiliser les leviers qui nous sont offerts par les médias et par la société québécoise pour nous prononcer sur les enjeux qui comptent et ainsi participer à la vie citoyenne d’un point de vue qui nous est propre.
 
(L’entretien a été réalisé par Mouloud Idir et Bochra Manaï.)
 

 


[1] Parker Mah est né à Vancouver. Pianiste de jazz, il compte également la photographie et les installations multimédias parmi les cordes à son arc créatif. Son engagement artistique a commencé avec le projet New Voices, qui visait à promouvoir l’identité culturelle distincte d’une nouvelle génération de jeunes Asiatiques canadiens. Il vit maintenant à Montréal. Pour en savoir plus : www.eyedea.ca.