Secteur Centre justice et foi
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Rapport de la commission Bouchard-Taylor

Position du Centre justice et foi

Par : Élisabeth Garant, Directrice générale du CJF

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Rapport de la Commission Bouchard-Taylor : position du Centre justice et foi

Le Centre justice et foi (CJF) accueille favorablement les recommandations de la Commission
Bouchard-Taylor. Il se réjouit particulièrement de celle en faveur d’une «laïcité ouverte». Cette
option, que la société québécoise a privilégiée en milieu scolaire, traduit largement l’imagination
dont nous sommes collectivement capables pour relever les défis en regard de la diversité
religieuse croissante du Québec. Le CJF croit que la réflexion initiée par la présente Commission
doit se poursuivre dans le cadre d’un texte législatif consacrant les grands principes d’un modèle
québécois de laïcité. Nous tenons notamment à souligner l’importance de la demande faite au
gouvernement afin qu’il «fasse une promotion vigoureuse du nouveau cours d’Éthique et de
culture religieuse qui doit entrer en vigueur en septembre 2008». Un tel cours peut certainement
contribuer à ce que les nouvelles générations puissent s’ouvrir intelligemment au vécu religieux
diversifié de la société québécoise.

Le CJF est aussi encouragé par les recommandations de la Commission Bouchard-Taylor
réaffirmant l’importance des droits de la personne et des mesures d’intégration pour les personnes
immigrantes. Nous appuyons l’appel de la Commission visant à donner une portée effective aux
droits économiques et sociaux. Le CJF réitère aussi l’urgence de consentir à «beaucoup plus de
moyens aux organismes dont le mandat est d’informer et de protéger les citoyens». On ne répétera
jamais assez l’importance que revêt notre régime de droits dans une société démocratique comme
le Québec. Le CJF demande au gouvernement de mettre en oeuvre les mesures nécessaires en vue
d’une réelle éducation citoyenne ainsi qu’à une véritable lutte au racisme et à la discrimination.

La Commission Bouchard-Taylor ne peut résoudre à elle seule les questionnements légitimes liés à
notre identité collective. Il appartient au gouvernement de répondre aux espoirs qui ont été investis
par la population dans les travaux de la présente Commission. Sur ce plan, tel que le recommande
le rapport, il importe de «clarifier et soumettre au débat public les questions au sujet desquelles des
consensus restent à construire». Tout en prenant acte du caractère distinct du Québec dans le
contexte nord-américain et du désir profond de sa collectivité de durer dans le temps, le CJF a
toujours eu pour souci d’éviter l’écueil que constitue la réduction de la question de l’intégration à
l’enjeu de la protection identitaire et du seul devoir individuel. Nous demeurons convaincus que
l’interculturalisme québécois, base de notre modèle d’intégration, doit se comprendre dans une
vision plus élargie de la citoyenneté et qu’il peut de la sorte contribuer à favoriser la diversité et
l’enrichissement mutuel dans un cadre de vie plus démocratique. Il est important que l’État initie
une véritable campagne qui en donne une compréhension plus riguoureuse.